Prématurés : le lait maternel les protège d’une maladie intestinale grave

Les nouveau-nés prématurés peuvent souffrir d’entérocolite nécrosante, une maladie grave de l’intestin pouvant être mortelle. Après avoir trouvé la cause de cette affection, des chercheurs ont également prouvé que le lait maternel les en protège.

Des chercheurs ont montré que le lait maternel réduisait les symptômes de l'entérocolite nécrosante, une maladie grave de l'intestin qui touche généralement les prématurés. 

Défaillance de la protéine TLR4L’

entérocolite nécrosante du nouveau-né est une maladie essentiellement présente chez les

prématurés. Elle se manifeste par des douleurs abdominales qui sont la cause d’une destruction des tissus et muqueuses de l’intestin (nécrose), pouvant entrainer le décès.En travaillant sur des souris, une équipe de chercheurs de l’Université John-Hopkins de Baltimore (États-Unis) est parvenue à trouver la cause de cette affection : l’activité d’une protéine (TLR4) chargée de réguler la réponse immunitaire face aux bactéries, et, chez le prématuré, de réguler la différenciation cellulaire et la croissance de l’intestin. Confrontée à une bactérie, cette protéine interrompt son travail et les tissus de l’intestin se nécrosent.Le lait maternel atténue les symptômes de l’entérocolite nécrosante
Ils ont ensuite exposé des cellules intestinales non matures à des bactéries provoquant l’entérocolite nécrosante. Traitée avec du

lait maternel, la protéine était présente à un moindre niveau dans les cellules.
La même expérience a été effectuée avec des souris nées prématurément. Un groupe recevait du lait maternel et l’autre, de l’eau salée.Leurs conclusions, publiées dans la revue Mucosal Immunology du 22 avril, révèlent que les souris ayant reçu du lait maternel présentaient de plus faibles niveaux de TLR4 et de molécules favorisant l’inflammation de l’intestin. Les rongeurs présentaient également des symptômes moins sévères de la maladie, soulignent les chercheurs.L’allaitement réduit le risque d’infection chez le prématuréCes derniers expliquent leur découverte par la richesse du lait maternel en facteur de croissance épidermique, un composant qui bloque l’action de la protéine TLR4.Les résultats de cette étude confirment également que ce composant du lait maternel pourrait être utile à la conception de nouveaux traitements contre la maladie.Différentes études épidémiologiques font ressortir que l’entérocolite nécrosante représente 8 à 12 % des infections néonatales chez des bébés nés à moins de 1500g.Les bénéfices de l’allaitement chez le prématuré, démontrés par divers travaux de services de néonatologie, font état d’une diminution des infections et de la réduction de la durée d’hospitalisation.Aucun lait industriel n’apporte les bienfaits immunologiques du lait maternelPlusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence les nombreux bienfaits du lait maternel pour le bébé. L’allaitement protège l’enfant contre les

diarrhées, les infections respiratoires et les

otites. Il pourrait également jouer un rôle dans la protection contre le

diabète, l’

obésité, les

caries, les malocclusions dentaires et la

sclérose en plaques.Même si aujourd’hui, il existe de nombreux laits industriels qui se rapprochent le plus possible de la composition du lait humain, aucun ne peut remplacer le lait de mère. Selon les docteurs Lyonel Rossant et Jacqueline Rossant-Lumbroso, la technologie actuelle ne permet pas de reproduire l’avantage immunologique apporté par le lait maternel. On ne peut pas non plus inventer les changements de composition du lait au cours des tétées avec les rôles que ces modifications jouent dans les mécanismes régulateurs de l’appétit et dans la protection vis-à-vis de l’obésité. Il convient également de rappeler que chez les enfants nourris au biberon, on constate souvent une introduction précoce et importante des farines, facteur d’obésité ultérieure.AFP/RelaxnewsSource : Breast milk protects against the development of necrotizing enterocolitis through inhibition of Toll-like receptor 4 in the intestinal epithelium via activation of the epidermal growth factor receptor, M Good and al, 22 avril 2015, Mucosal Immunology (

abstract disponible en ligne).

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *